VTC vs VDP

décembre 26th, 2012 by pistar

(trad: vélo tous chemins VS véhicule de police)

L’expérience du métier de coursier par rapport aux autres cyclistes, à savoir maîtrise vélocipédique absolue, fierté grandissante face à tes résultats, tes cuisses dodues, et tes adversaires (les cyclistes du quotidien) t’oblige parfois à te lancer des défis inutiles et inavoués :
Alors que je slalomais tranquillement entre les voitures arrêtées au feu rouge de la rue Michel Le Comte (Paris 3ème) en sifflottant un air pop à la con qui m’était entré dans la tête chez le dernier client visité, j’entends non loin derrière et se rapprochant, un dérailleur malhabile et mal réglé qui essaie de se faufiler en traçant sa propre trajectoire. On se rejoint au niveau du croisement de la rue Beaubourg.
Je jette un oeil discret (la fierté du coursier qui fait croire qu’il n’a rien remarqué) et observe sur son vtc ultra équipé un daron de 2,50m de haut, casque profilé avec chevelure grisonnante mi longue qui déborde, veste 3/4 en toile beige, sac cuir coincé sur porte bagage arrière et pince jaune fluo à la cheville droite, lampes led qui cliquent et claquent, etc, etc… Je suis sur que tu en as déjà vu, Ils veulent absolument te doubler pour te montrer à quel point manger bio te donne la patate !
Alors que le feu passe au vert, le daron sur son spad appuie comme un sourd sur les manivelles qui entraient la bête dans un bruit douloureux de dérailleur qui saute. Il me passe devant et tente de me distancer alors que le feu suivant (qui fait l’angle avec le commissariat du 3ème) est toujours au rouge.
Comme il est hors de question que je me laisse doubler par un imprudent – j’ouvre là une parenthèse importante : j’utilise le mot ‘imprudent’ car il faut bien comprendre qu’un coursier à vélo dans la circulation roule déjà à une vitesse ‘à la limite’ de la prudence, c’est pourquoi je considère que doubler un coursier, c’est se mettre en danger, surtout quand on n’est pas coursier… à méditer, fin de parenthèse – je laisse le bougre filer et je décide de le dépasser grâce à ma lancée quand le feu du komiko passera au vert; ce que je fais en sifflotant non sans montrer ma facilité à le rattraper sans forcer sur la mécanique. Le daron s’excite, garde la pêche et décide coûte que coûte de me passer devant en jouant du dérailleur.
Ca couine, ça craque et les vitesses s’emballent, obligeant le vtciste à baisser la tête entre les cuisses pour essayer de comprendre quelle pignonnerie son vélo vient-il de lui jouer. Mince, il est repassé sur son mini plateau spécial Mont Ventoux, et ses cuissent s’emballent. Je vois son erreur et comprend que c’est maintenant que je vais pouvoir appuyer sur les pédales pour disparaître en trois secondes, avant qu’il n’ait compris ce qui venait de se passer.
Mais là…
Alors que je le double, le daron qui a toujours la tête baissée en pleine accèl’, commence à se déporter dangereusement vers la droite, où sont garées bien alignées devant le commisariat 4 belles voitures de police…
Et Bim ! Accrochage de guidon sur rétroviseur, vol planné, volte-face dans les airs et pour la première fois nos regards se croisent avec effet spécial au ralenti et bruitage à la Steve Austin. J’ai l’air hautain du genre : « mais qu’est ce que tu croyais? » et lui surpris du genre : « mais comment se fait-ce ?
Le daron retombe lourdement sur le dos en glissant toujours face à moi, le vélo vole dans les voitures de police, continuant son carnage de rayures et rétroviseurs éclatés et je le dépasse en lachant un « pff »…

Ne m’accuse surtout pas de « non assistance à téméraire en danger » car 3 agents de police en uniforme se sont précipités vers lui pour aller ramasser les morceaux.

La morale de cette histoire c’est donc bien que les vitesses ne servent à rien. (elle est un peu poussée celle-là, j’avoue)

Le Cyclotrope, cyclo-illusion by Tim Wheatley

mars 24th, 2011 by pistar

Tu ne sais pas quoi faire avec ta vieille roue de vélo toute pérave mais tu ne veux pas la jeter.
Voilà ce que Tim Wheatley te propose comme recyclage artistique.

vu sur GameOne, j’adore !

A toi le vieux, qui lira ses mots :

mars 19th, 2011 by pistar

« Si la vieillesse est un naufrage, la bicyclette est certainement l’un des plus surs moyens d’éviter la noyade »

Raymond Poulidor

(en même temps je me disais… si tu lis ce blog, tu dois probablement déjà faire du vélo. Alors fais passer le mot à tes amis vieux qui n’en font pas)

bricolage nocturne

mars 19th, 2011 by pistar

Il y a des soirs comme ça ou tu tardes un peu dans ton atelier, tu te mets à rêvasser en regardant tes cadres suspendus, tes caisses de pièces détachées et tes roues alignées. Tu regardes les détails, tu soupèses, tu compares. Tout ça se transforme peu à peu en une boite de Lego géante et tu redeviens un enfant au milieu de ses jouets.

Il y a toujours ce cadre que je possède depuis déjà quelques temps, un Cavallo Marino en Columbus 4/10ème de millimètre d’épaisseur (ouch!) aux couleurs de l’ancien Champion devenu vélociste Jean Stablinski, cadre ultra léger et raide de neuf dont je me suis toujours promis de tirer quelque chose de spécial.
Il lui faut une fourche, j’en ai trouvé une pas mal il y a peu. C’est Giant qui fait ça, avec un pivot alliage et fourreaux carbone profilés étonnamment légère et réussie pour le prix (environ 70 euros) et surtout… en 1 pouce de diamètre.
Je la mets en place et ça me plait. Il faut savoir que j’ai répété ce geste pas mal de fois avec différentes fourches mais ça ne m’avait jamais satisfait; soit déséquilibre esthétique, soit la fourche était trop lourde et la balance compromise. Bref, ce cadre traînait en attendant qu’une idée ne pointe.
Je mets donc la fourche en place, et au niveau du poids, ça colle parfaitement, la balance est elle aussi idéale entre l’avant et l’arrière.
Et j’avais aussi cette paire de roues Corima Aero que je trouve particulièrement belles et légères, dont je voulais tirer le maximum pour un beau projet.
Je pense que le kit cadre/fourche + roues doit peser 3,5kg. C’est ça que c’est bon !
C’est comme ça que ce projet de montage hybride a pris forme, au milieu de ma grande boite de Lego.

Pas besoin de cassette.
Je voulais un course sans en être un parce que je n’utilise en milieu urbain que deux rapports, ceux offerts par le dérailleur avant. Un plateau de 42 dents avec 15 dents derrière est parfait pour relancer au feu rouge et quand tu veux envoyer, tu passes sur un 50 et boum. Derrière je monte quand-même un dérailleur sans le câblage qui va uniquement faire office de tendeur quand je change le rapport. Pas besoin de commande au guidon.

En ville, un guidon court est préférable et ça donne au vélo un regard assez racé, un peu comme les optiques d’une caisse GT. Tu gardes les épaules droites et la tête au dessus du pavillon des caisses, meilleure perspective. Une paire de leviers de freins bmx bien compacts, c’est beau et les vibrations sont limitées quand tu brûles du pavé. Grips type Mushroom, old school oblige.

Même si j’hésite encore sur la potence, quoi que ça créé un beau rappel de la fourche et des jantes (enfin, c’est très subjectif, vu la couleur improbable du cadre…), je monte finalement une selle bi-couleur jaune/noir dont on aperçoit ici le côté jaune.
Il est déjà tard dans la nuit, les trains ne passent plus dehors, mais comme un môme devant son vaisseau spatial, je suis assez content de mon Lego, 7,7kg de plaisir.
Je l’ai fait comme pour moi, mais c’est pour toi.

Comme disait Michel Audiard,

mars 11th, 2011 by pistar

que j’aimais beaucoup, et qui nous a quitté il y a déjà 25 ans :
« On se promène à bicyclette, on court à vélo »

Rendez-vous est pris en Anjou : 19/06/2011

mars 2nd, 2011 by pistar

Si tu ne sais pas où parader avec ton plus beau vélo collector…

C’est pas encore pour tout de suite-tout de suite mais les beaux jours approchent quand-même tant bien que mal. C’est pourquoi je te conseille de réserver dès à présent ton weekend entier du 18 et 19 juin dans la région de Saumur. Là-bas se tiendra une grande fête du vélo. Je me permets de reprendre les mots des organisateurs de l’événement, Anjou Vélo Vintage :

« En mettant au goût du jour les codes d’une autre époque, l’Anjou Vélo Vintage se veut un rendez-vous fédérateur qui s’adresse aux nostalgiques des légendes du cyclisme, férus de virées entre copains et aux mordus du vintage. Cette randonnée vélo unique, permettra de découvrir l’Anjou sur un circuit entre Loire et Vignoble, le tout en tenue d’époque, sur un vélo antérieur à 1990, fixie ou single speed.

Au choix, trois parcours accueilleront les participants, de trois longueurs différentes : 29, 70 et 104 km. Ces parcours permettront de découvrir les plus beaux paysages de l’Anjou : Loire, châteaux et vignobles. A l’heure du déjeuner, tous les participants pourront se retrouver dans une ambiance conviviale pour déguster les spécialités locales sur les quatre points de ravitaillement.

Le site web et la page Facebook de l’événement vous permettront de mieux saisir l’ampleur de ce rassemblement, tant par son positionnement que par les moyens engagés pour en faire un grand succès populaire. »

Site web :
www.anjou-velo-vintage.com
Facebook :
http://www.facebook.com/pages/Anjou-Velo-Vintage/184040048276002?ref=ts


Evidemment, Pistar te recommande au préalable de passer à l’atelier si tu n’a pas encore de monture adéquate.
Un superbe autocollant PISTAR dédicassé par Tonton Bricolage te sera offert sur place si tu reconnais la marque du cadre du vélo de l’affiche. (fastooooche)
N’oublie pas ta moustache.

(Euh… Le gars, là-haut, il n’aurait pas des leviers de vitesse sur son cadre ? c’est pas très réglementaire, tout-ça)

cycliste coursier, le spad (part 2)

février 27th, 2011 by pistar


Comme promis, je vais te faire une description du vélo avec lequel je roule chaque jour en tant que cycliste coursier.
Tu auras remarqué la magnifique plaque de cadre embossée de la marque italienne Colnago, que ce spad arbore fièrement. Ce cadre est un vtt de la firme qui date de 1996. Les numéros tapés sous la boite de pédalier en certifient l’authenticité. La couleur du métal laisserait à penser que c’est du titane mais il s’agit d’acier Tange Prestige (qui a cette teinte légèrement doré).
La fourche est une Pace RC31ti, avec fourreaux carbone, bases magnesium, té et pivot titane.
Je l’ai monté sur un jeu de roues de 700, arrière Mavic piste de la FFC derrière, avant Rigida Zac 19 en 32mm avec moyeu Onyx. Pédalier Sugino Messenger, 44/16T. Le train de pneus est en section de 37mm, donc ultra confort et complètement passe-partout.

Comme tu es malin, tu auras remarqué que les pattes arrières du cadre sont verticales, et qu’il est donc théoriquement difficile de monter un pignon fixe, à cause de la tension de chaîne impossible à modifier. C’est là que Tonton Bricolage intervient pour l’astuce du jour. En réalité, tu ne peux pas véritablement choisir ton braquet mais tu peux t’en approcher :
1. Il faut commencer par choisir une petite couronne (44T max) pour éviter d’avoir une chaîne trop longue, qui aurait tendance à se détendre plus.
2. Ensuite tu choisis ton pignon arrière. Pour un usage urbain, je recommande plutôt 16, 17 ou 18 dents; c’est roulant et sportif sans niquer les genoux.
3. Mets la roue en place sur le cadre et essaye tour à tour les trois pignons pour estimer lequel tend le mieux la chaîne.
4. Quand tu obtiens un résultat satisfaisant (le hasard fait souvent bien les choses), retire la roue et referme la chaîne.

Astuce Tonton Bricolage (que j’ai emprunté à Christian de chez Bicloune) :
Si tu tombes sur le mauvais maillon (male/male ou femelle/femelle), utilise un « demi maillon », ça s’achète dans toutes les bonnes crèmeries (et chez moi, évidemment) pour peau de zob.
Ultra important : Il est indispensable de monter une transmission neuve (chaîne, pignon, couronne). Installe une chaîne neuve sur un vieux pignon ou une vielle couronne, et tu subiras une usure ultra rapide de tes composants et la chaîne se détendra prématurément.

Sur la photo, on voit également que la roue arrière est garnie de flyers plastifiés…
« Mais ouais, putain à quoi ça sert ??? c’est vrai que maintenant que tu me le dis, j’en ai déjà vu sur des vélos de coursiers (et de fake) »
A l’origine, je pense que les coursiers américains (nos ancêtres à tous) utilisaient ce moyen pour faire la pub de leur boite ou pour proposer des bons de réduction chez Pizza Chino. Mais il s’agit en fait de « spoke card » (litt. carte à rayon), que l’on obtient à chaque participation à un événement coursier tel que Alley Cat ou autre Binouz Gold Sprint. Evidemment, tout les cyclistes coursiers ne les mettent pas systématiquement, mais personnellement j’aime bien, et puis j’aime bien voir l’ombre de ma roue de profil avec les cartes qui tournent. Et puis c’est mes putain de trophées, merde !

J’ai choisi un guidon type vtt semi relevé dont j’ai réduit la largeur à 42cm pour éviter de me faire écraser les mains sur les rétroviseurs, et parce que c’est suffisant en ville.
On aperçoit également le levier de frein avant, un puissant système hydraulique à disque Magura Louise que je préfère aux étriers à patins sur jante à cause de leur usure horriblement rapide quand tu fais une journée complète sous la pluie (tu entends tes jantes hurler à la mort à chaque freinage).
Le pignon fixe fait office de frein arrière en contrôlant parfaitement la motricité, couplé au frein avant.
Le compteur est obligatoire pour faire le compte de tes kilomètres au quotidien.
La mousse bleue « BMX » dont je suis très fier, évite au tube horizontal de prendre trop de poques lors des accrochages répétés contre arbres et barrières.
Une clochette est accrochée derrière la selle arrière. C’est un pendentif japonais (omamori) qui me porte chance sur la route pour l’année du lapin 2011.
La selle est une Fizik Gobi Ti, parce que c’est à l’usage une selle extrêmement confortable tout en étant particulièrement légère.
J’ai aussi adapté un morceau de garde-boue à l’avant qui vient empêcher les projections d’eau sur les pieds. Ca fonctionne tip top.

J’ai plus trop grand chose à te raconter sinon que ce vélo est né naturellement après quelques mois de pratique du métier, et après quelques cadres et pièces cassés ou usés à la corde. Il est parfaitement adapté à mes besoins et malgré quelques améliorations à faire, je le trouve parfait et hyper beau. (et ceux qui n’aiment pas, tu sais ce que je leur dis…)
A venir dans la troisième partie « Une journée de cycliste coursier ».

Angry Birds ?

février 27th, 2011 by pistar

La rue de Charonne est une rue très rapide à vélo, surtout si tu l’empruntes dans le sens de la descente.
J’étais donc dans le sens de la descente. Pas très loin devant moi j’aperçois au bon milieu de la chaussée une bande de pigeons en train de se partager un reste de kebab abandonné, dégoulinant de sauce samourai et débordant de frites jaune fluo.
Les cinq pigeons se battent pour attraper les meilleurs morceaux, ne sachant pas eux-mêmes s’il s’agit plutôt de la frite couleur maïs, du pain des blés ou de la très renommée mixture tomate-salade-oignon.
Alors que ma roue avant, telle une lame de katana, se rapproche dangereusement du groupe de prédateurs, j’essaie de prévenir les innocents de ma présence :
« rouuuuuu, rouuuuuuu, rouuuuuuu » laissé-je echapper en langage pigeon (trad. litt. « dégagez de la rouuuute, putain! »)
La rue encombrée ne me laisse d’autre alternative que de foncer tout droit dans le paquet, qui commence à s’éclaircir alors que les pigeons se débattent pour s’échapper avec une partie du larcin qu’ils se refusent à abandonner.
Quatre pigeons s’envolent finalement juste devant ma roue lancée à un bon 35km/h, réalisant sans-doute que la vie vaut plus qu’un kebab sauce samouraï. Le cinquième s’aperçoit soudain qu’il est tout seul et, croyant à sa supériorité sur ses congénères qu’il a finalement réussi à chasser de sa proie, mord pleinement dans le pain et tente un décollage d’urgence. Le pauvre…
Sans-doute le plus jeune des cinq, il n’aura pas bien calculé le temps nécessaire au décollage forcé avec kebab au bec.
Je me souviens encore de l’image du pigeon face à moi, les ailes écartées battant le vent avec ce regard (il faut extrapoler un peu) d’abord empli de fierté d’avoir remporté la bataille du kebab, puis se melant de doutes alors qu’il comprenait que son embonpoint allait lui être fatal, quand ma roue coupait finalement court à ses pensées pigeonnesques…
Crouik, en plein sur la tête. Pauvre pigeon. Et pauvre de moi, c’est pas bon pour le Karma.
Quand je me suis retourné, il avait la tête plate, fondue dans la sauce samourai, les ailes encore déployés vers le ciel qu’il n’atteindrait jamais.

Sa dépouille laissera une empreinte encore quelques jours sur le sol, avant que les corbeaux et les rats ne finissent d’en effacer le souvenir à jamais, sauf dans ma mémoire.

J’en suis venu à me demander combien d’oiseaux étaient écrasés chaque jour par nos monstres d’acier. 1000, 10000, 10000 ? J’ai eu le malheur d’en écraser un même si je prend le soin de les éviter chaque jour quand je roule dans Paname. Alors imagine les voitures… (voir photo jointe…)

Adieu pigeon, mon ami.

Je terminerai avec ce merveilleux poème tiré de ce film devenu classique « C’est arrivé près de chez vous » (cours à ton vidéo club si tu n’as pas encore vu) :

« Pigeon
Oiseau à la grise robe
Dans l’enfer des villes
A mes yeux tu te dérobes
Tu es vraiment le plus agile »

Cycliste coursier, c’est quoi ? (part 1)

février 17th, 2011 by pistar

J’avais envie de commencer un dossier sur le sujet parce qu’on me demande souvent (ou on n’ose pas me demander) à quoi correspond vraiment le métier. Est-ce qu’on est facteur, est ce qu’on est livreur ?

Les cyclistes coursiers (j’emploie volontairement ce terme que je préfère à l’expression courante « coursier à vélo ») décrivent souvent leur métier comme étant le plus beau métier du monde.

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Ni pour ni contre, bien au contraire
:
C’est vrai que quand on y pense, on a la chance d’être payé à faire du vélo toute la journée ; c’est à dire qu’on nous paye pour exercer notre passion, rouler du matin au soir, souvent avec grand plaisir, parfois jusqu’au dépassement de soi.
On pourrait se comparer aux cyclistes pros, ceux de la grande boucle, sauf qu’on a pas les compèt’… Mais on a la condition physique.
Car cycliste coursier, c’est environ 80 à 100 kilomètres à parcourir quotidiennement. Ca fait du 15000 kilomètres par an (sans compter les déplacements personnels!)

Quels clients :
On fait appel à nous pour délivrer d’un client chez un autre un pli urgent, qu’on ne peut se permettre de perdre ou de laisser circuler dans trop de mains indiscrètes.
Ca peut être un pli pour un cabinet d’avocat, un chèque pour une banque, du shopping pour une maison de presse, un studio photo, une bobine de cinéma… Bref, on est un moteur indispensable à l’économie de la métropole.
Il y a souvent une relation de confiance qui se créé entre le client et le coursier. La course part au dernier moment, et doit arriver avant une certaine heure. On compte sur nous, notre efficacité, notre rapidité. Je ne dis pas que tout le monde est comme ça, certains nous plaignent même :
« Vous êtes à vélo !? Je vous plains… vous devez avoir froid ?! Ca doit être dur… Mais pourquoi ils ne vous payent pas un scooter ?? »
Ceux-là n’ont rien compris ; cycliste coursier, c’est un métier que tu choisis obligatoirement, sinon tu ne tiens pas longtemps. Il y a quand-même des fois où tu roules toute la journée sous la pluie, tu es trempé, il fait trois degrés et le vent te brûle les extrémités… Tu pleures, tu hurles, ça soulage. Et c’est ça qui est bon.

Carbone, alu, acier ou titane
:
Il n’y a pas de vélo spécialement conçu pour le métier, et chacun part d’une base qui lui est confortable pour faire des améliorations de confort et de solidité.
« Paris-Roubaix tous les trois jours » C’est souvent ce que je dis pour faire comprendre ce que subissent les vélos (et les coureurs) à rouler toute la journée dans Paris. Les pavés sont ton ennemi, que tu dois apprendre à connaître pour lui survivre. La mécanique souffre et demande un entretien méticuleux.
Bref, certains choisiront un vélo de course, d’autres un piste, un vtt ou un cyclo-cross. Après, chacun fait ses propres modif’ ; largeur du guidon, vitesses ou non, type de roues et pneus, pédales auto ou non…
Ce qui compte, c’est la relation de confiance qui se créé entre ton vélo et toi. Tu dois pouvoir te reposer sur lui en cas de pépin. Ton vélo est ton ami. Si tu ne lui dis pas assez, soit il casse, soit c’est l’accident (c’est un peu mystique, mais c’est souvent comme ça)

Pour ma part, j’ai choisi un compromis entre légèreté et solidité en optant pour un cadre de vtt en acier, que j’ai monté en pignon fixe, roues de 700 et fourche rigide carbone/titane.

description du vélo et suite dans le prochain numéro…

Le mot de la semaine…

février 17th, 2011 by pistar

« Le vélo est un engin génial qui permet à l’homme assis d’aller par la seule force de ses muscles deux fois plus loin et deux fois plus vite que l’homme debout.
Grâce au vélo, il y a un homme plus vite.
Le vélo en soi est une forme de dopage.  Ce qui ne simplifie pas les choses. Il est l’outil de la rapidité naturelle, il est le chemin le plus court vers le doublement de soi. Deux fois plus vite, deux fois moins fatigué, deux fois plus de vent dans la figure. On peut légitimement avoir envie d’en reprendre. »

Paul Fournel,
Besoin de vélo

…Le mot de la semaine, je l’ai emprunté à un bouquin qu’un ami vient de publier (spéciale dédicace, mon mimi). C’est un petit recueil de très belles photos sur les coursiers parisiens en pleine action, livre indispensable à ta bibliothèque de fake, que tu pourras feuilleter devant tes amis en te vantant :
« ah ouais, ce coursier je le connais hyper bien, il est hyper cool, il a un pur vélo… » etc.

Je ne sais pas encore où il est distribué mais tu peux demander à Tonton Bricolage comment s’en procurer (sous le manteau, évidemment comme toute bonne drogue)

Makwa,
Paris Coursiers à vélo