Archive for the ‘cycliste coursier’ Category

cycliste coursier, le spad (part 2)

Dimanche, février 27th, 2011


Comme promis, je vais te faire une description du vélo avec lequel je roule chaque jour en tant que cycliste coursier.
Tu auras remarqué la magnifique plaque de cadre embossée de la marque italienne Colnago, que ce spad arbore fièrement. Ce cadre est un vtt de la firme qui date de 1996. Les numéros tapés sous la boite de pédalier en certifient l’authenticité. La couleur du métal laisserait à penser que c’est du titane mais il s’agit d’acier Tange Prestige (qui a cette teinte légèrement doré).
La fourche est une Pace RC31ti, avec fourreaux carbone, bases magnesium, té et pivot titane.
Je l’ai monté sur un jeu de roues de 700, arrière Mavic piste de la FFC derrière, avant Rigida Zac 19 en 32mm avec moyeu Onyx. Pédalier Sugino Messenger, 44/16T. Le train de pneus est en section de 37mm, donc ultra confort et complètement passe-partout.

Comme tu es malin, tu auras remarqué que les pattes arrières du cadre sont verticales, et qu’il est donc théoriquement difficile de monter un pignon fixe, à cause de la tension de chaîne impossible à modifier. C’est là que Tonton Bricolage intervient pour l’astuce du jour. En réalité, tu ne peux pas véritablement choisir ton braquet mais tu peux t’en approcher :
1. Il faut commencer par choisir une petite couronne (44T max) pour éviter d’avoir une chaîne trop longue, qui aurait tendance à se détendre plus.
2. Ensuite tu choisis ton pignon arrière. Pour un usage urbain, je recommande plutôt 16, 17 ou 18 dents; c’est roulant et sportif sans niquer les genoux.
3. Mets la roue en place sur le cadre et essaye tour à tour les trois pignons pour estimer lequel tend le mieux la chaîne.
4. Quand tu obtiens un résultat satisfaisant (le hasard fait souvent bien les choses), retire la roue et referme la chaîne.

Astuce Tonton Bricolage (que j’ai emprunté à Christian de chez Bicloune) :
Si tu tombes sur le mauvais maillon (male/male ou femelle/femelle), utilise un « demi maillon », ça s’achète dans toutes les bonnes crèmeries (et chez moi, évidemment) pour peau de zob.
Ultra important : Il est indispensable de monter une transmission neuve (chaîne, pignon, couronne). Installe une chaîne neuve sur un vieux pignon ou une vielle couronne, et tu subiras une usure ultra rapide de tes composants et la chaîne se détendra prématurément.

Sur la photo, on voit également que la roue arrière est garnie de flyers plastifiés…
« Mais ouais, putain à quoi ça sert ??? c’est vrai que maintenant que tu me le dis, j’en ai déjà vu sur des vélos de coursiers (et de fake) »
A l’origine, je pense que les coursiers américains (nos ancêtres à tous) utilisaient ce moyen pour faire la pub de leur boite ou pour proposer des bons de réduction chez Pizza Chino. Mais il s’agit en fait de « spoke card » (litt. carte à rayon), que l’on obtient à chaque participation à un événement coursier tel que Alley Cat ou autre Binouz Gold Sprint. Evidemment, tout les cyclistes coursiers ne les mettent pas systématiquement, mais personnellement j’aime bien, et puis j’aime bien voir l’ombre de ma roue de profil avec les cartes qui tournent. Et puis c’est mes putain de trophées, merde !

J’ai choisi un guidon type vtt semi relevé dont j’ai réduit la largeur à 42cm pour éviter de me faire écraser les mains sur les rétroviseurs, et parce que c’est suffisant en ville.
On aperçoit également le levier de frein avant, un puissant système hydraulique à disque Magura Louise que je préfère aux étriers à patins sur jante à cause de leur usure horriblement rapide quand tu fais une journée complète sous la pluie (tu entends tes jantes hurler à la mort à chaque freinage).
Le pignon fixe fait office de frein arrière en contrôlant parfaitement la motricité, couplé au frein avant.
Le compteur est obligatoire pour faire le compte de tes kilomètres au quotidien.
La mousse bleue « BMX » dont je suis très fier, évite au tube horizontal de prendre trop de poques lors des accrochages répétés contre arbres et barrières.
Une clochette est accrochée derrière la selle arrière. C’est un pendentif japonais (omamori) qui me porte chance sur la route pour l’année du lapin 2011.
La selle est une Fizik Gobi Ti, parce que c’est à l’usage une selle extrêmement confortable tout en étant particulièrement légère.
J’ai aussi adapté un morceau de garde-boue à l’avant qui vient empêcher les projections d’eau sur les pieds. Ca fonctionne tip top.

J’ai plus trop grand chose à te raconter sinon que ce vélo est né naturellement après quelques mois de pratique du métier, et après quelques cadres et pièces cassés ou usés à la corde. Il est parfaitement adapté à mes besoins et malgré quelques améliorations à faire, je le trouve parfait et hyper beau. (et ceux qui n’aiment pas, tu sais ce que je leur dis…)
A venir dans la troisième partie « Une journée de cycliste coursier ».

Angry Birds ?

Dimanche, février 27th, 2011

La rue de Charonne est une rue très rapide à vélo, surtout si tu l’empruntes dans le sens de la descente.
J’étais donc dans le sens de la descente. Pas très loin devant moi j’aperçois au bon milieu de la chaussée une bande de pigeons en train de se partager un reste de kebab abandonné, dégoulinant de sauce samourai et débordant de frites jaune fluo.
Les cinq pigeons se battent pour attraper les meilleurs morceaux, ne sachant pas eux-mêmes s’il s’agit plutôt de la frite couleur maïs, du pain des blés ou de la très renommée mixture tomate-salade-oignon.
Alors que ma roue avant, telle une lame de katana, se rapproche dangereusement du groupe de prédateurs, j’essaie de prévenir les innocents de ma présence :
« rouuuuuu, rouuuuuuu, rouuuuuuu » laissé-je echapper en langage pigeon (trad. litt. « dégagez de la rouuuute, putain! »)
La rue encombrée ne me laisse d’autre alternative que de foncer tout droit dans le paquet, qui commence à s’éclaircir alors que les pigeons se débattent pour s’échapper avec une partie du larcin qu’ils se refusent à abandonner.
Quatre pigeons s’envolent finalement juste devant ma roue lancée à un bon 35km/h, réalisant sans-doute que la vie vaut plus qu’un kebab sauce samouraï. Le cinquième s’aperçoit soudain qu’il est tout seul et, croyant à sa supériorité sur ses congénères qu’il a finalement réussi à chasser de sa proie, mord pleinement dans le pain et tente un décollage d’urgence. Le pauvre…
Sans-doute le plus jeune des cinq, il n’aura pas bien calculé le temps nécessaire au décollage forcé avec kebab au bec.
Je me souviens encore de l’image du pigeon face à moi, les ailes écartées battant le vent avec ce regard (il faut extrapoler un peu) d’abord empli de fierté d’avoir remporté la bataille du kebab, puis se melant de doutes alors qu’il comprenait que son embonpoint allait lui être fatal, quand ma roue coupait finalement court à ses pensées pigeonnesques…
Crouik, en plein sur la tête. Pauvre pigeon. Et pauvre de moi, c’est pas bon pour le Karma.
Quand je me suis retourné, il avait la tête plate, fondue dans la sauce samourai, les ailes encore déployés vers le ciel qu’il n’atteindrait jamais.

Sa dépouille laissera une empreinte encore quelques jours sur le sol, avant que les corbeaux et les rats ne finissent d’en effacer le souvenir à jamais, sauf dans ma mémoire.

J’en suis venu à me demander combien d’oiseaux étaient écrasés chaque jour par nos monstres d’acier. 1000, 10000, 10000 ? J’ai eu le malheur d’en écraser un même si je prend le soin de les éviter chaque jour quand je roule dans Paname. Alors imagine les voitures… (voir photo jointe…)

Adieu pigeon, mon ami.

Je terminerai avec ce merveilleux poème tiré de ce film devenu classique « C’est arrivé près de chez vous » (cours à ton vidéo club si tu n’as pas encore vu) :

« Pigeon
Oiseau à la grise robe
Dans l’enfer des villes
A mes yeux tu te dérobes
Tu es vraiment le plus agile »

Cycliste coursier, c’est quoi ? (part 1)

Jeudi, février 17th, 2011

J’avais envie de commencer un dossier sur le sujet parce qu’on me demande souvent (ou on n’ose pas me demander) à quoi correspond vraiment le métier. Est-ce qu’on est facteur, est ce qu’on est livreur ?

Les cyclistes coursiers (j’emploie volontairement ce terme que je préfère à l’expression courante « coursier à vélo ») décrivent souvent leur métier comme étant le plus beau métier du monde.

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Ni pour ni contre, bien au contraire
:
C’est vrai que quand on y pense, on a la chance d’être payé à faire du vélo toute la journée ; c’est à dire qu’on nous paye pour exercer notre passion, rouler du matin au soir, souvent avec grand plaisir, parfois jusqu’au dépassement de soi.
On pourrait se comparer aux cyclistes pros, ceux de la grande boucle, sauf qu’on a pas les compèt’… Mais on a la condition physique.
Car cycliste coursier, c’est environ 80 à 100 kilomètres à parcourir quotidiennement. Ca fait du 15000 kilomètres par an (sans compter les déplacements personnels!)

Quels clients :
On fait appel à nous pour délivrer d’un client chez un autre un pli urgent, qu’on ne peut se permettre de perdre ou de laisser circuler dans trop de mains indiscrètes.
Ca peut être un pli pour un cabinet d’avocat, un chèque pour une banque, du shopping pour une maison de presse, un studio photo, une bobine de cinéma… Bref, on est un moteur indispensable à l’économie de la métropole.
Il y a souvent une relation de confiance qui se créé entre le client et le coursier. La course part au dernier moment, et doit arriver avant une certaine heure. On compte sur nous, notre efficacité, notre rapidité. Je ne dis pas que tout le monde est comme ça, certains nous plaignent même :
« Vous êtes à vélo !? Je vous plains… vous devez avoir froid ?! Ca doit être dur… Mais pourquoi ils ne vous payent pas un scooter ?? »
Ceux-là n’ont rien compris ; cycliste coursier, c’est un métier que tu choisis obligatoirement, sinon tu ne tiens pas longtemps. Il y a quand-même des fois où tu roules toute la journée sous la pluie, tu es trempé, il fait trois degrés et le vent te brûle les extrémités… Tu pleures, tu hurles, ça soulage. Et c’est ça qui est bon.

Carbone, alu, acier ou titane
:
Il n’y a pas de vélo spécialement conçu pour le métier, et chacun part d’une base qui lui est confortable pour faire des améliorations de confort et de solidité.
« Paris-Roubaix tous les trois jours » C’est souvent ce que je dis pour faire comprendre ce que subissent les vélos (et les coureurs) à rouler toute la journée dans Paris. Les pavés sont ton ennemi, que tu dois apprendre à connaître pour lui survivre. La mécanique souffre et demande un entretien méticuleux.
Bref, certains choisiront un vélo de course, d’autres un piste, un vtt ou un cyclo-cross. Après, chacun fait ses propres modif’ ; largeur du guidon, vitesses ou non, type de roues et pneus, pédales auto ou non…
Ce qui compte, c’est la relation de confiance qui se créé entre ton vélo et toi. Tu dois pouvoir te reposer sur lui en cas de pépin. Ton vélo est ton ami. Si tu ne lui dis pas assez, soit il casse, soit c’est l’accident (c’est un peu mystique, mais c’est souvent comme ça)

Pour ma part, j’ai choisi un compromis entre légèreté et solidité en optant pour un cadre de vtt en acier, que j’ai monté en pignon fixe, roues de 700 et fourche rigide carbone/titane.

description du vélo et suite dans le prochain numéro…

10 ans Urban Cycle, Gold Sprint Series

Dimanche, janvier 30th, 2011

anecdote de coursier

Dimanche, juin 6th, 2010

Vendredi je faisais une course dans un immeuble assez cossu de notre chère capitale.
Je passe la porte cochère et les cales sous mes chaussures résonnent dans le hall entièrement plaqué marbre. Ne trouvant pas le nom sur l’interphone, je me dirige vers la cour pour y dénicher un éventuel escalier B ou autre.
Dans la cour, une énorme bâtisse ensoleillée derrière un portail derrière un jardin derrière un interphone avec le nom que je cherche.
Tandis que je m’avance vers l’interphone le doigt tendu, le portillon s’écarte et une élégante femme apprêtée apparait avec son bambin et une poussette laissant présager une deuxième tête blonde. Après les salutations, j’ouvre ma besace et pense instinctivement que les deux sacs shopping de couturier lui sont destinés; je me pose la question à voix haute :
« Alors, est ce que ces sacs sont pour vous ?… Ah non, vous c’est la petite enveloppe. » Et de lui tendre avec le sourire. Je suis un peu déçu pour elle, je pensais lui faire plaisir.
Tandis que son visage s’éclaircit à la vue de l’enveloppe, la dame me fixe et me répond :
« Ah super ! Mes invitations pour la finale de Rolang Garros !!! »


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